Comptes développeur, hébergement, mises à jour imposées par Apple et Google, maintenance : le coût réel d'une application sur trois ans, poste par poste.
Comptez 10 à 15% du prix de développement par an. Pour une application facturée 30 000 euros, cela fait 3 000 à 4 500 euros par an, soit 9 000 à 13 500 euros sur trois ans. S'y ajoutent les comptes développeur des stores et l'hébergement. Voici le détail, poste par poste, et les règles d'Apple et de Google qui vous obligent à intervenir même quand tout fonctionne.
Pourquoi une application continue de coûter une fois livrée
Parce qu'elle ne vit pas sur votre serveur mais sur des téléphones que vous ne contrôlez pas, dans des magasins dont vous ne fixez pas les règles. Apple et Google publient chacun une version majeure de leur système par an, et chaque version s'accompagne d'exigences que votre application doit respecter pour rester publiable. Ce n'est pas une option commerciale, c'est une condition d'accès.
À cela s'ajoutent les corrections d'anomalies, l'hébergement de vos données, et les évolutions que vos utilisateurs finissent toujours par demander. Un devis qui s'arrête à la mise en ligne ne raconte donc que la moitié de l'histoire.
Combien coûtent les comptes développeur ?
- Apple : 99 dollars par an, convertis en devise locale au moment de l'inscription.
- Google : 25 dollars, en un versement unique à la création du compte.
La différence compte plus qu'il n'y paraît. L'adhésion Apple est un abonnement, et une adhésion non renouvelée retire vos applications de l'App Store dans tous les pays. Elles continuent de fonctionner chez ceux qui les ont déjà installées, mais plus personne ne peut les télécharger. Le compte Google, lui, se paie une fois pour toutes.
Quelles mises à jour sont imposées par Apple et Google ?
Deux règles datées, publiques, et qui s'appliquent à toutes les applications sans exception.
- Depuis le 28 avril 2026, toute application envoyée sur l'App Store doit être compilée avec Xcode 26 et un SDK iOS 26.
- Depuis le 31 août 2026, une nouvelle application ou une mise à jour doit viser Android 16 (API 36). Une application existante doit viser au moins Android 15 (API 35) pour rester visible.
La sanction n'est pas un message d'erreur, c'est une disparition. Une application Android qui ne respecte plus le niveau demandé reste installée chez ses utilisateurs actuels, mais devient introuvable pour les nouveaux, sur les appareils récents. Vous ne perdez pas votre audience d'un coup, vous cessez simplement d'en gagner. Beaucoup de propriétaires d'applications s'en aperçoivent des mois plus tard, en regardant leur courbe de téléchargements.
Une application qu'on cesse de maintenir ne tombe pas en panne. Elle disparaît des téléchargements.
Et l'hébergement ?
Il dépend entièrement de ce que fait votre application, donc aucun chiffre honnête ne peut être donné hors contexte. Ce qui le fait varier est en revanche toujours le même.
- La base de données et le volume de données conservées.
- Le stockage des fichiers envoyés par vos utilisateurs, photos et documents en tête.
- L'envoi des notifications et des e-mails transactionnels.
- Les services tiers appelés par votre application, cartographie, paiement ou intelligence artificielle.
Une application interne utilisée par trente personnes et une application grand public qui stocke des vidéos ne jouent pas dans la même catégorie. Nous chiffrons ce poste au devis, au vu de l'architecture retenue, et nous le refacturons au réel.
Que couvre un contrat de maintenance ?
Chez nous, la maintenance représente 10 à 15 % du prix du projet par an. Ce qui fait varier le pourcentage, c'est le niveau de service que vous choisissez, en particulier l'amplitude de disponibilité et le délai d'intervention garanti. Une application interne peut se contenter d'une prise en charge sous quelques jours ouvrés. Une application qui encaisse des paiements le samedi soir, non.
- La correction des anomalies, sans limite de nombre.
- La surveillance du fonctionnement et des erreurs en production.
- Les mises à jour de sécurité des composants utilisés.
- Les montées de version imposées par Apple et Google, celles décrites plus haut.
- Les sauvegardes et leur restauration en cas d'incident.
Ce qui n'y est pas, et qui ne doit pas y être : les évolutions fonctionnelles. Ajouter un écran, ouvrir un nouveau canal de vente ou brancher un outil supplémentaire se chiffre au cas par cas. Un contrat qui promet des évolutions illimitées pour un forfait fixe finit toujours par les rationner en silence.
Le coût réel sur trois ans, sur un exemple
Prenons une application facturée 30 000 euros, ce qui correspond à un produit abouti et non à un premier prototype.
- Développement initial : 30 000 euros.
- Maintenance : 3 000 à 4 500 euros par an, soit 9 000 à 13 500 euros sur trois ans.
- Compte développeur Apple : 99 dollars par an, soit 297 dollars.
- Compte développeur Google : 25 dollars, une seule fois.
- Hébergement : selon l'architecture, chiffré au devis.
Le total hors hébergement s'établit donc entre 39 000 et 43 500 euros, plus environ 320 dollars de comptes développeur. Autrement dit, les trois premières années coûtent 30 à 45% de plus que le prix annoncé au départ. Ce n'est pas un dépassement, c'est le coût normal d'un produit vivant. Le problème n'est jamais ce montant, c'est de le découvrir après avoir signé.

Et pour un site ou une application web ?
Les frais de stores disparaissent, puisqu'il n'y a ni compte développeur ni validation par un magasin. Le reste demeure, et une partie s'alourdit même. Un site est exposé en permanence sur internet, donc les mises à jour de sécurité de son socle technique ne sont pas facultatives : une bibliothèque laissée trois ans sans correctif finit par devenir une porte d'entrée.
Le calcul reste le même, entre 10 et 15 % du projet par an, mais le poste dominant change. Sur mobile, ce sont les montées de version imposées. Sur le web, c'est la sécurité et l'hébergement, qui suit directement votre trafic.
Comment faire baisser la facture
Trois leviers fonctionnent vraiment, et aucun ne consiste à rogner sur la maintenance.
- Limiter les dépendances tierces. Chaque service externe branché est une facture de plus et une mise à jour de plus à suivre. La question à se poser à chaque brique : qu'est-ce qu'on perd si on ne la met pas ?
- Sortir une première version resserrée. Moins de code en production, c'est moins de surface à maintenir. Un produit qu'on étend après avoir vu l'usage coûte moins cher qu'un produit complet dont la moitié ne sert jamais.
- Grouper les évolutions. Une mise en production par trimestre coûte moins qu'une demande isolée tous les quinze jours, parce que la recette et la publication se paient à chaque fois.
Le levier qui ne fonctionne pas, en revanche, c'est de suspendre la maintenance pendant un an pour la reprendre ensuite. Le retard s'accumule sur les versions d'Apple, de Google et des bibliothèques, et la remise à niveau coûte alors plus cher que les mois économisés.
Que vérifier dans un devis avant de signer ?
- La maintenance est-elle chiffrée dès le devis, ou renvoyée à une discussion ultérieure ?
- Les montées de version imposées par Apple et Google sont-elles incluses, ou facturées à chaque fois ?
- Le délai d'intervention garanti est-il écrit noir sur blanc ?
- Qui détient les comptes développeur, l'hébergement et le nom de domaine ? Ce point est le plus souvent négligé, et nous lui avons consacré un article entier.
- Que vous remet-on exactement si vous changez de prestataire ?
La quatrième question est celle qui coûte le plus cher quand on l'oublie. Un compte développeur ouvert au nom de l'agence transforme un changement de prestataire en négociation, alors que le même compte à votre nom en fait une formalité.
Si vous voulez situer votre projet avant d'aller plus loin, notre grille de prix est publique et notre estimateur donne une fourchette en quelques questions.





